Carcinome basocellulaire


Grain de beauté signe de carcinome basocellulaire

Un carcinome basocellulaire représente la forme de cancer cutanée la plus répandue dans la population. Il se développe à partir des cellules basales contenues dans l’épiderme. Le carcinome basocellulaire se traduit généralement par l’apparition d’une petite papule nacrée au niveau du visage ou du cou. L’évolution est lente, et le pronostic est favorable. Le diagnostic d’un carcinome basocellulaire est dermatologique. Il repose sur un examen visuel (ou au dermatoscope) des lésions, associé à une biopsie pour confirmer le diagnostic. La prise en charge de ce type de cancer cutané repose généralement sur le retrait chirurgical ou non du carcinome.

Définition et symptômes d’un carcinome basocellulaire

Un cancer de la peau extrêmement fréquent

Le carcinome basocellulaire correspond à la forme de cancer de la peau la plus fréquente. Il représente, en effet, 70% d’entre eux. Chaque année près de 65 000 nouveaux cas sont diagnostiqués en France. Par ailleurs, cette affection concerne surtout les personnes de plus de 50 ans, et plus volontiers les hommes.

La peau est l’organe le plus grand du corps. Elle assure un rôle de protection essentiel des organes internes vis-à-vis des agressions extérieures comme les infections, les blessures ou les rayonnements du soleil, par exemple. Elle permet également le stockage des graisses et de l’eau. Enfin, la peau contrôle la régulation de la température corporelle via la transpiration.

La peau est constituée de trois couches superposées les unes aux autres.

L’épiderme représente la couche cutanée la plus superficielle dont le rôle principal est de former une barrière physique contre le milieu extérieur grâce aux kératinocytes. Celles-ci sont issues de la maturation d’autres cellules, les cellules basales, localisées au niveau de la jonction épiderme-derme. Enfin, l’épiderme abrite également les mélanocytes, autrement dit les cellules pigmentaires.

Le derme, la couche intermédiaire, contient les glandes sudoripares et sébacées.

Enfin, l’hypoderme, qui représente la couche la plus profonde de la peau, est essentiellement composée d’adipocytes, les cellules graisseuses.

Sous le terme de cancers de la peau, on peut ainsi regrouper un très grand nombre d’atteintes différentes. Parmi eux, les mélanomes, qui se développent à partir des mélanocytes, et les carcinomes. Parmi les carcinomes, on différencie le carcinome épidermoïde ou spinocellulaire du carcinome basocellulaire. Le premier se développe à partir des kératinocytes tandis que le second prend naissance dans les cellules basales de l’épiderme.

L’origine d’un carcinome basocellulaire est multifactorielle :

  • Une exposition solaire intense et répétée, dès l’enfance ;
  • Un phénotype sensible aux rayons solaires, autrement dit une peau, des cheveux et des yeux clairs ;
  • Des antécédents de cancer cutané ;
  • Une exposition à des rayonnements ionisants ou à certains toxiques (arsenic par exemple) ;
  • Des facteurs génétiques ;
  • Une immunodépression (affaiblissement du système immunitaire) en lien avec un traitement immunosuppresseur (par exemple en cas de greffe d’organe) ou une pathologie (SIDA par exemple).

origine du carcinome basocellulaire sous forme de cancer

Les signes évocateurs d’un carcinome basocellulaire

Un carcinome basocellulaire survient majoritairement au niveau des zones corporelles exposées au soleil. Dans 80% des cas, il survient ainsi au niveau du visage et du cou.

Le premier signe évocateur d’un carcinome est la survenue ou la modification d’une excroissance cutanée ou la présence d’une plaie qui ne cicatrise pas.

Un carcinome basocellulaire peut revêtir différentes formes :

  • C’est la présentation clinique la plus fréquente. Elle se manifeste par une lésion ferme vascularisée. On parle également de « perle nacrée » ;
  • Superficielle lorsque le carcinome prend l’aspect d’une plaque cutanée écailleuse qui desquame ;
  • Sclérodermiforme si l’affection à la forme d’une plaque cicatricielle dure, légèrement plus claire que la peau.

Dans les formes les plus sévères de carcinome basocellulaire, celui-ci prend du volume et peut entraîner la perte d’un organe tel que l’oreille, l’œil ou le nez par exemple. A noter que ces cas sont extrêmement rares (moins de 2% des cas) compte tenu de la précocité de la majorité des diagnostics des carcinomes basocellulaires.

À savoir ! Le pronostic vital n’est que très rarement engagé en cas de carcinome basocellulaire.

Carcinome basocellulaire, diagnostic et traitement

Le diagnostic dermatologique du carcinome basocellulaire

Médecin qui ausculte son patient

Le diagnostic d’un carcinome basocellulaire est souvent précoce du fait de son développement dans des zones visibles et de son aspect caractéristique.

Il peut avoir lieu durant l’examen de contrôle annuel des grains de beauté, ou en cas de consultation à la demande du patient suite à la découverte de symptômes suspects.

Le dermatologue procède d’abord à un examen visuel de la peau. Il examine la forme, la taille et la couleur du ou des grains de beauté. En cas de lésion suspecte, le médecin utilise un dermatoscope, un appareil optique grossissant qui permet de voir ce qui ne l’est pas à l’œil nu.

Parfois, une biopsie cutanée peut être nécessaire afin de s’assurer de la composition d’une excroissance suspecte. Elle est réalisée sous anesthésie locale, et l’échantillon est envoyé en laboratoire d’anatomopathologie pour être analysé au microscope. La biopsie peut impliquer l’exérèse totale ou partielle de la tumeur.

Des examens d’imagerie sont rarement prescrits. Cependant, dans certains cas, ils permettent d’évaluer la taille et l’étendue exacte d’une tumeur.

Les moyens thérapeutiques de retrait d’un carcinome basocellulaire

Face à un carcinome basocellulaire, plusieurs traitements peuvent être envisagés.

Dans le cas du retrait total de la tumeur à l’occasion d’une biopsie, le traitement peut s’arrêter là. En revanche, lorsque celle-ci n’a été que partielle et que les résultats de l’analyse anatomopathologique concluent à un carcinome, des traitements complémentaires sont proposés.

La chirurgie est le traitement de première intention lorsqu’elle est possible. Différentes méthodes peuvent être utilisées selon les caractéristiques de la tumeur et les antécédents médicaux du patient. L’intérêt est de retirer la tumeur dans sa totalité et les tissus sains proches afin d’éviter les récidives. Le dermatologue réalise ce geste sous anesthésie locale au sein de son cabinet.

Concernant les tumeurs superficielles, le médecin peut faire le choix de détruire la tumeur en utilisant la cryothérapie (azote liquide) ou des impulsions électriques plutôt que la chirurgie. La radiothérapie est également une alternative, notamment lorsque la tumeur est non opérable pour des raisons esthétiques ou d’accès.

La chimiothérapie n’est quasiment jamais prescrite. Elle est cependant parfois proposée sous forme de crème à appliquer sur la lésion.

La photothérapie dynamique est recommandée lorsque le carcinome basocellulaire est étendu. Une crème photosensible est appliquée sur la tumeur avant d’être exposée à une source lumineuse de forte intensité afin de détruire les cellules tumorales.

Enfin, l’immunothérapie sous forme locale peut être appliquée sur la lésion afin de stimuler les défenses immunitaires.

Éviter les récidives

Pour limiter les risques de récidives d’un carcinome basocellulaire, plusieurs mesures sont conseillées :

  • Consulter régulièrement un dermatologue, une fois par an au minimum ;
  • Se protéger du soleil en utilisant une crème solaire adaptée et en limitant l’exposition solaire ;
  • S’autocontrôler régulièrement.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Carcinome basocellulaire.msdmanuals.com. Consulté le 21 février 2023.
– Le carcinome basocellulaire. skincancer.org. Consulté le 21 février 2023.